Vers un nouvel art de bâtir - nos villes vont cesser d’être le bras armé d’une vieille doctrine totalitaire : celle du robot-ogre, normalisé et globalisé, dont la beauté de brute ne s’exprime qu’en formatant ses habitants et en violant les paysages. Elles vont se différencier peu à peu comme autant de concrétions naturelles où s’accumuleront ingénieusement les ressources locales, les cultures, les désirs et savoir-faire.

"VV" - un blog pour imaginer cette mutation, partager nos expériences, discuter, se rencontrer, proposer...

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5 févr. 2013

dessin alter-idée

texte et dessin L.K. .


Le dessin en soi est une alter-idée… même si on a dit que « le dessin est ce qui art dans l’art » – et donc est partout. Et pourquoi architecture, ville vernaculaires et dessin ?
Selon Jean Luc Nancy le dessin est la recherche de la vérité du paraître de l’objet. Pour l’approcher (jamais l’atteindre évidemment), le dessinateur doit se laisser investir par cet « apparaître ». S’il n’est pas touché par ce qu’il voit, son dessin ne touchera personne.
Et qu’est-ce qui peut toucher le poète-dessinateur, quand il contemple l’architecture, la ville ? Dans une optique très vaste, c’est tout ce qui renvoie à la vie, à la condition de l’homme. Pourquoi le vieux massif montagneux aussi nous touche, ou le cours d’eau, le vieux pont, la rue ancestrale ou encore une main calleuse sur un établis ? Ils sont le cadre, l’environnement de l’homme depuis longtemps. C’est cela que je vois par exemple devant les bateaux rangés dans le port de Honfleur. La durée, l’histoire concentrées dans une vue : ce vieux port, la rade devenue bassin rectangulaire, les quais, les habitation alignées autour, ces charpentes comme des coques de vieux bateaux renversées…
C’est aussi une durée qui fait du dessin une approche vernaculaire. Quand je dessine, je poursuis cette nécessité et ce plaisir des hommes des cavernes, il y a plus de 20 000 ans. Mes gènes le savent.
Et pourquoi le dessin serait-il « alter-idée » ? Parce qu’il est dans le temps de l’observation, du ressentir, et il n’affirme pas un sujet (un auteur, un artiste), il est le médium presque transparent, entre l’objet (cette femme qui boit dans le dessin de Watteau par exemple et celui qui contemple le dessin : Watteau n’est plus, la femme est là).
Ce dessin, c’est la représentation où le lieu, l’objet est acteur. Ce que j’aimerai que l’on voit ici, c’est le Port de Honfleur.

28 nov. 2012

avec des si...

- Dis maman, pourquoi il y a des guerres ?
- Eh bien, le plus souvent c’est pour qu’on puisse chauffer nos maisons avec du fioul qu’on n’a pas chez nous, et pouvoir l’acheter suffisamment bon marché…

- Mais si tout le monde se chauffait au bois comme nous ?
- Eh bien, on en aurait quand même besoin pour faire marcher nos voitures.

- Et si on allait à cheval ?
- Il nous faudrait du terrain, au moins un hectare par cheval, et peut-être deux par famille…

- Alors il n’y aurait plus de ville, ce serait super !
- Et comment on ferait pour faire marcher les ordinateurs ?

- On aurait des centrales nucléaires !
- Et comment on ferait pour faire venir l’uranium ?

- Pas de centrales nucléaires alors...on aurait des éoliennes sur nos maisons !
- Et quand il n’y a pas de vent ?

- Et bien quand il n’y a pas de vent on ne peut pas jouer à Dofus ! Et c’est bien pour nous, de ne pas rester collé sur l’ordi…
- Mais il n’y a pas que des jeux sur un ordinateur : comment feraient ceux qui en ont besoin pour travailler ?

- Mais à quoi ça sert de travailler sur un ordinateur ?
- A communiquer instantanément des documents compliqués à des gens loin…

- Et ils ne pourraient pas habiter plus près ? Comme ça, tu les leur porterais à cheval ?
- Oui mais quand il pleut, quand il fait froid, quand on est fatigué, on n’a pas très envie de monter à cheval…

-Mais on n’a qu’à faire des voitures à cheval bien isolées et bien suspendues !
-Tu as raison, voilà une recherche d’avenir : la voiture à cheval confortable

5 juin 2012

belles ruines

modèle /txt E.C. /ill. A.S.


"Le grand architecte, c’est celui qui prépare de belles ruines", l'aphorisme célèbre d'Auguste Perret est aussi provocateur que pertinent car la belle ruine possède à nos yeux trois qualités :

elle exprime une solidité capabable de traverser le temps
elle s'intègre au paysage par sa ligne, sa couleur, sa matière
elle est recouverte, débordée, traversée, par la nature

La ruine se fond, ne se sépare pas du site. Elle répond à une perception que nous avons de la monumentalité et de la temporalité, belle comme une montagne, un arbre, un coucher de soleil !